Yurizoku, la tribu des lys

Publié le par Event Yaoi le blog

   

Le mot Yuri, aussi connu sous la dénomination Girls Love, est un terme du jargon japonais qui fait référence aux relations impliquant des sentiments amoureux entre deux femmes dans les mangas, les animes et les médias Japonais.

Il peut se concentrer sur les aspects sexuels, spirituels ou émotionnels de la relation, les deux derniers termes étant appelé shôjo ai par les fans occidentaux.

Le mot Yuri, signifie littéralement lys et est un nom féminin relativement commun au Japon.

Historique

En 1976, Ito Bungaku, éditeur de Barazoku (la tribu de rose), un magazine destiné aux communautés gay, est le premier à utiliser le terme Yurizoku (soit la tribu des lys) en référence aux lectrices qui envoyaient des lettres dans la colone Yurizoku no heya (la chambre de la tribu des lys).

Il n’est pas certain que ce soit la première utilisation du terme. Les femmes envoyant des lettres publiées dans ces colonnes n’étaient pas nécessairement lesbiennes. Cela dit graduellement l’association entre les termes s’est développé ; par exemple le magasine Tanbi commença à utiliser une colonne Communication des Lys (Tsūshin Yuri) en Juillet 1983 à l’usage des lesbiennes. Dès ce jour, beaucoup de cercle de dôjinshi ajoutèrent le nom Yuri ou Yurizoku dans leurs travaux pornographiques lesbiens. Le terme  « zoku » ou « tribu » disparu progressivement du mot.

Il concerne aussi bien les relations sexuelles que l’on peut trouver dans des "hentai" (manga japonais à caractère pornographique) qu'une simple amitié intense, un amour romantique ou un désir physique comme on peut en trouver dans les mangas shōjo et surtout josei ou seinen.

Aux USA, pour se démarquer de l’origine peu reluisante des mangas pornos, aux relations purement sexuelles, le terme shōjo-ai a été inventé (en analogie au shōnen-ai qui concerne les amours homosexuelles masculines) pour faire référence aux amours romantiques entre filles.
En France le yuri (manga lesbiens pour lesbiennes), en tant que genre, est souvent utilisé (et donc de façon abusive) comme synonyme de Shōjo-ai. Il exclut donc la pornographie à destination des hommes et fait référence aux mangas shōjo, josei et seinen qui présentent des relations féminines plus ou moins homosexuelles.

Quelques titres incontournables

Princesse Saphir リボンの騎士 Ribon no Kishi

Créé par Osamu Tezuka, il est édité au Japon entre 1953 et 1958. La série se compose de 3 tomes, elle est considérée comme le fondateur du shôjo manga ; Princesse Saphir est également le premier manga à traiter de sujets tels que le travestissement et l’androgynie.

Pour permettre à son personnage féminin de vivre de nombreuses aventures, il a fallu le libérer de son carcan "féminin", la femme étant à l'époque cantonnée à un rôle d'épouse et de mère.

C’est pourquoi, la princesse Saphir fut dotée "d'un cœur féminin et d'un cœur masculin" dans un corps de fille. Il s'agit là d'un premier détournement du conte de fée, la princesse étant actrice et agissant de la façon dont "devrait" naturellement agir un homme tel qu’il est représenté dans la société de l'époque.

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Lady Oscar (ou Les Roses de Versailles) Versailles no baraベルサイユのばら

Les éditions Shueisha publient en 1972 la série en 10 tomes de Ryoko Ikeda.

Cette œuvre romancée s'inspire de la biographie Marie Antoinette de Stefan Sweig et raconte l'histoire de différentes femmes sous la révolution française, en mettant en parallèle la vie de Marie Antoinette et celle d'un personnage créé de toutes pièces : Oscar François de Jarjayes.

Le personnage d'Oscar rejoint la princesse Saphir dans le thème du travestissement : septième fille d'un général de la noblesse, il est décidé qu'elle serait élevée comme un garçon afin de pouvoir succéder à son père.

Oscar, qui se soumet au départ à la volonté de son père sans se poser plus de questions quant à son genre, finira par se heurter à différentes barrières lorsqu'elle même rencontrera l'amour. Malheureuse, elle choisira à plusieurs reprises de revenir à son rôle "masculin" quitte à supprimer le sentiment amoureux de sa vie.

Cependant, on remarquera que le salut et la féminité d'Oscar ne passe ici, comme dans Princesse Saphir, que par un amour hétérosexuel : c'est l'homme qui permet à Oscar de se révéler en tant que femme.

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Quelques années plus tard, Ryoko Ikeda reviendra sur la question du genre au travers d'un one shot dramatique : Claudine. Dans cette histoire située au 19e siècle, Claudine se considère comme un homme depuis son enfance, jusqu'à son amour pour les femmes. Cependant, victime d'amours malheureuses à répétition, et d'une grande trahison finale de la part de la femme qu'elle aime et qui choisit d'épouser un homme pour "rentrer dans le rang", Claudine finira par se suicider étant née "trop tôt".

Oniisama E (Très cher frère) raconte l'apprentissage de la vie d'une jeune fille qui intègre une prestigieuse école de jeunes filles et se confie à un frère de substituions par voie épistolaire.

L’héroïne (Nanako) est bientôt victime de la possessivité et de l'obsession d'une camarade de classe à son égard (Mariko) puis de l'inimitié de l'école toute entière. Elle tombera amoureuse de "St Just", jeune fille travestie qui se perd dans l'autodestruction et dans une relation d'amour/haine morbide pour la "reine" de l'école, Mlle Miya.

Sailor Moon 美少女戦士セーラームーン Bishōjo Senshi Sērā Mūn ou Bishōjo Senshi Sailor Moon

Au milieu des années 90 un couple lesbien apparaît dans la série pour filles la plus populaire du moment : Sailor Moon.

On trouvera donc parmi les personnages récurrents Haruka et Michiru (respectivement sailor Uranus et Sailor Neptune), l'une étant "masculine" et l'autre "féminine". Ces deux personnages secondaires arrivent même en tête des sondages de popularités au japon.

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En France l'idée séduit moins, d'autant que la série est destinée à un public plutôt jeune. La série est donc censurée : Haruka est appelée "Frédérique" ce qui permet de la faire passer soit pour un garçon soit pour une fille selon les scènes.

Aux Etats Unis, les deux amantes sont transformées en "cousines" et les dialogues changés.

Pour l’anecdote un autre couple secondaire (Yaoi cette fois) est censuré dans la version occidentale: Zoisite et Kunzite, deux méchant de la saison 1, passe du statut d’amants à celui de frères.

Seulement le ver est dans le fruit et le public lesbien ne s'y trompe pas, le public occidental se passionne pour ces deux personnages au point de créer des communautés de fans (dont beaucoup en Allemagne).

Cependant, la perception occidentale n'est pas la même que la perception japonaise. Si le shôjo ai/yuri est vécu ici comme un développement de la culture homosexuelle, il n'était à l'origine qu'un clin d'œil à l'attention du public masculin.

Uténa la fillette révolutionnaire 少女革命ウテナ, Shōjo kakumei Utena

Déssinée par Chiho Saito, la série (en 5 volumes publiés en 1996 au Japon) vise à briser les codes des contes de fées : Utena est ici une fille qui cherche à devenir "un prince" et se travestit en homme pour atteindre ce but. Elle sera amenée à participer à des duels visant à gagner "la fiancée de la rose", Anthy, une jeune fille dont elle cherchera à gagner l'amitié.

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Cependant la grande majorité des titres yuri s'adresse principalement au public masculin et les titres yaoi au public féminin, une minorité de mangas étant l'œuvre d'homosexuels à destination du public homosexuel. 

La plus célèbre de ces auteurs connus en occident est Ebine Yamaji, dont le manga Love my life est proposé en 2005 par la toute jeune maison d'édition française Asuka. 

Love my life raconte le parcours intérieur d'une jeune étudiante amoureuse d'une fille, de la question du coming out auprès du père, de ses sentiments...

On pourra reprocher à Ebine Yamaji de faire évoluer ses personnages dans une forme de "bulle" puisque la question de l'homophobie n'est en général qu'à peine évoquée...l'auteur préférant s'intéresser directement aux personnages principaux et à l'évolution de leurs pensées et de leurs sentiments.

Quelques animes indispensables

Kannazuki no miko 神無月の巫女Prétresse du mois sans déité

C’est l'une des séries shôjo ai les plus appréciées en occident. Sur fond d'ésotérisme et de science fiction l’histoire traite de l'évolution d'un triangle amoureux composé de deux filles et d'un garçon. On peut être étonnée de savoir que ce titre s'adresse à un public masculin lorsque l'homme est finalement écarté du champ.

Maria sama ga Miteru マリア様がみて la vierge Marie nous regarde

Il est également reconnu comme un anime « culte » du genre. Il subit un engouement généralisé, tant féminin que masculin, pour une histoire simple : les relations unissant des lycéennes dans une école privée catholique pour filles. 

Si pour des yeux occidentaux, la série sera des plus plaisantes, on reste tout de même sur l'idée nippone que l'apprentissage amoureux par le biais de personnes du même sexe permet à la jeune fille de rester vierge jusqu'au mariage et l'accession à une sexualité "adulte’.

Mai Hime-HiME

Le terme HiME est un acronyme signifiant Highly-advanced Materializing Equipment, et désigne des personnes possédant un pouvoir de matérialisation. C'est aussi un jeu de mot, «hime» signifiant « princesse » en japonais. « Mai » est la transcription phonétique du mot anglais « my » (même s'il devrait s'écrire dans ce cas en katakana マイ et non en kanji).

Série publiée en 2004, elle marque le départ de la mode "yuri" : la elle traite essentiellement de la notion de sentiment. Treize jeunes filles sont amenées à s'affronter risquant de perdre "ce qu'elles ont de plus cher". Le nombre important de personnages permet de développer différents types de relations et de sentiments existant, trois d'entre elles étant à caractère lesbien.

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Le plus important est sans doute le couple Shizuru / Natsuki.

Shizuru, personnage ouvertement homosexuel, ne correspond à aucun stéréotype connu : elle n'est pas travestie, ne cherche pas à l'être, ne cache pas non plus son attirance pour la gente féminine, est tout sauf un personnage "faible" et est justement dotée d'un charisme et d'une psychologie incroyable. Autre impact notable : Natsuki, l'autre élément de la paire, est l'archétype du personnage "sexy" à la japonaise.

Sandra

 


 

 

 Sources 

http://lez-only.forumactif.com/t830-les-lesbiennes-dans-les-animes-et-mangas (Par Zoe Felix)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sailor_moon#Controverses_et_critiques

http://fr.wikipedia.org/wiki/Princesse_Saphir

http://lez-echanges.com/anime-et-manga/manga-vous-avez-dit-manga-lesbien (Par Minipoussin)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Utena,_la_fillette_r%C3%A9volutionnaire

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mai-HiME

Sources images

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Amalrik 01/02/2011 18:34


Ahahahahaha !!! Sailor Moon !!! XD
Ou comment vaincre le mal avec des coeurs géants !! XD